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Renault Group-Bénéfice opérationnel -15% en 2025, prudence pour 2026
information fournie par Reuters 19/02/2026 à 11:48

Illustration du logo Renault

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par Gilles Guillaume et Dominique Patton

Renault Group a fait état jeudi d'un bénéfice ‌opérationnel en baisse de 14,8% au titre de 2025 et dit aborder l'année 2026 avec prudence sur un marché automobile toujours livré à une concurrence farouche sur les ​prix.

A la Bourse de Paris, l'action Renault reculait de 3,5% à 32,01 euros vers 09h15 GMT après avoir gagné en séance jusqu'à plus de 3%. Le CAC 40 recule au même moment de 0,59%.

Le groupe au losange a dégagé l'an dernier un bénéfice opérationnel de 3,632 milliards d'euros, presque en ligne avec un consensus de 3,642 ​milliards compilé par la société auprès de 20 analystes.

"Nos résultats 2025, dans un contexte de marché difficile, démontrent l'engagement de nos équipes pour délivrer une performance régulière de premier plan parmi les acteurs de l'industrie automobile", a déclaré ​le directeur général François Provost, cité dans un communiqué. "Cette performance reflète la solidité ⁠de nos fondamentaux et notre agilité."

Le principal impact négatif qui a pesé sur le résultat opérationnel est la composante prix/mix/enrichissement, à hauteur de -733 millions d'euros, a ‌précisé le directeur financier Duncan Minto lors d'une téléconférence de presse, reflet d'un environnement commercial très compétitif de la part des autres constructeurs automobiles historiques mais aussi des nouveaux venus chinois.

Au cours d'une téléconférence avec les analystes financiers, le directeur général François Provost a ​indiqué que pousser les tarifs à la baisse était une stratégie ‌à court terme, et que ce n'était pas sa stratégie.

Viennent ensuite les effets de changes (-282 millions d'euros) et l'impact ⁠négatif temporaire de la déconsolidation de l'activité moteurs thermiques Horse (-279 millions d'euros), en partie compensés par les volumes et par les réductions de coûts (+391 millions d'euros).

La performance coûts, notamment avoir réussi l'an dernier à réduire de 400 euros les coûts variables par voiture, a été contrebalancée dans une certaine mesure par une hausse des coûts de garantie (-160 ⁠millions d’euros) liée notamment au rappel ‌de près de 156.000 hybrides E-Tech en raison d'un joint défectueux.

"Le second semestre est en ligne malgré une activité automobile un peu ⁠moins forte, et les anticipations pour 2026 et le moyen terme meilleures qu'on le craignait", commente Michael Foundoukidis, analyste chez Oddo BHF, dans une note.

PREMIERS OBJECTIFS CHIFFRES DU ‌NOUVEAU PLAN

Renault, dont la marge opérationnelle a reculé à 6,3% en 2025 contre un record de 7,6% en 2024, prévoit pour 2026 un niveau ⁠de 5,5% "dans un environnement complexe", et à moyen terme une marge comprise entre 5% et 7%, avant-goût du plan ⁠stratégique moyen terme que François Provost doit ‌présenter le 10 mars.

Il a souligné que le bas de cette fourchette restait "sensiblement" supérieur à la marge historique du groupe, 3,9% en moyenne entre 2005 et 2025.

Renault prévoit ​un free cash-flow de l'automobile d'environ 1,0 milliard d'euros en 2026, incluant 350 millions d'euros ‌de dividendes de Mobilize Financial Services, contre 1,47 milliard en 2025 - meilleur que le consensus de 1,17 milliard - mais supérieur à 1,5 milliard d'euros en moyenne sur le moyen terme, incluant 500 millions ​d'euros par an en moyenne de dividendes reçus de l'activité de financement.

Renault Group vise aussi une croissance moyenne à un chiffre de son chiffre d'affaires total (CAGR) sur le moyen terme, grâce à une poursuite des lancements de nouveaux véhicules à un rythme similaire au rythme soutenu des années passées - 10 en 2024, 7 en 2025 ⁠et 10 en 2026.

Le chiffre d'affaires a atteint l'an dernier 57,9 milliards d'euros, en hausse de 3% grâce aux nouveautés et à l'accélération des ventes hors d'Europe, tandis que le résultat net, part du groupe, est ressorti en perte de 10,9 milliards d'euros, la première perte en cinq ans, principalement à cause d'une perte exceptionnelle non cash de 9,3 milliards annoncée en juillet pour modifier le traitement comptable de la participation de Renault dans Nissan, son partenaire japonais en difficulté.

Le constructeur automobile français a également annoncé le versement d'un dividende de 2,20 euros, au même niveau que l'an passé et supérieur au consensus des analystes qui donnait 2,08 euros.

(Reportage Gilles Guillaume et ​Dominique Patton, édité par Augustin Turpin et Blandine Hénault)

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